Mickey 17 (2025)

 

Synopsis: En 2054, afin de fuir son cruel créancier, le naïf Mickey se porte volontaire pour une mission de colonisation sur Niflheim, une planète de glace. Devenu sans trop le savoir un ouvrier "consommable", il est régénéré chaque fois qu'il meurt lors des missions les plus dangereuses imposées par l'ex-sénateur Kenneth Marshall, dirigeant mégalomane de la colonie. Après quatre ans, Mickey en est à sa 17e incarnation. Grièvement blessé, il est laissé pour mort par son coéquipier au fond d'une crevasse. Mais contre toute attente, il est sauvé par la mère des créatures qui habitent Niflheim. Pendant son absence, un Mickey 18 est créé.

 

Mickey 17

Réalisé par Bong Joon Ho

Avec Robert Pattinson, Naomi Ackie, Steven Yeun
Pays:  États-Unis,   Royaume-Uni
Genres : Science Fiction, Comédie, Aventure
Durée : 2 h 17 min
Année de production : 2025
7/10

Avec Mickey 17, Bong Joon-ho signe son grand retour à la science-fiction, en adaptant librement le roman Mickey7 d’Edward Ashton. Une œuvre à la fois barrée, politique et d’une étonnante richesse thématique, fidèle à l’ADN du cinéaste sud-coréen.

Dès les premières minutes, Bong installe un univers dystopique où les enjeux politiques et sociaux transpirent à chaque plan. Il retrouve ici le ton satirique de Snowpiercer, entre critique acerbe de la société et humour noir désabusé. Mickey 17 s’inscrit clairement dans une veine de SF décalée, où le grotesque côtoie le tragique, sans jamais perdre le spectateur.

Le scénario, divisé en deux grandes parties, tient parfaitement la route : d’abord la découverte des 17 itérations de Mickey, puis l’exploitation d’une planète hostile peuplée d’étranges créatures ressemblant à des tardigrades géants. C’est un concept fort, original, mené avec une inventivité visuelle et narrative constante.

Robert Pattinson, quant à lui, est très bon dans un double rôle diamétralement opposé, qu’il incarne avec nuance et folie. Qu’on soit adepte ou non de l’acteur, force est de constater qu’il porte littéralement le film sur ses épaules — ou devrions-nous dire, sur ses 18 versions. Il est à la fois drôle et inquiétant.

Mark Ruffalo et Toni Collette forment un duo aussi dérangeant que savoureux, bien que l’interprétation de Ruffalo flirte parfois avec le surjeu. Le film peut, à raison, être critiqué pour son ton parfois trop burlesque, ses personnages volontairement caricaturaux, et son humour particulier. Mais tout cette satire semble parfaitement assumé par Bong Joon-ho !

Visuellement, la mise en scène de Bong est toujours aussi inspirée. Son écriture, qui peut sembler chaotique de prime abord, est en réalité minutieuse et chaque détour narratif finit par prendre sens – exepté ce dernier plan de Toni Colette, dont son sens nous fait douter, entre rêve et réalité. Le film est long, certes, mais jamais ennuyeux : entre humour corrosif, scènes d’action, moments de tendresse inattendus et quelques pointes de violence, le spectateur a toujours quelque chose à se mettre sous la dent.

Avec Mickey 17, Bong Joon-ho signe une œuvre originale, excessive, engagée et audacieuse. Un vrai bon cru, à la croisée du divertissement et de la réflexion, qui prouve une fois de plus que le cinéma de science-fiction peut encore surprendre et faire réfléchir. Un Bong Joon-ho déjanté, politique et résolument singulier.

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